L’éolien off-shore, un impératif pour la planète, une opportunité pour notre avenir économique

Pour répondre à l’enjeu climatique, la France a décidé de développer les énergies décarbonées, grâce notamment à l’éolien. L’implantation d’éoliennes en mer au large de nos côtes, qui est actuellement l’objet d’un débat public, représente une double opportunité : le maintien de l’agglomération au premier plan énergétique en Europe et l’accès des entreprises locales à un marché européen créateur d’emplois.

Pourquoi développe-t-on l’éolien off-shore en France  ?

Parce que le changement climatique impose de diminuer le recours aux énergies émettrices de CO2 (charbon et pétrole notamment).

Ces dernières décennies, de nombreux accords internationaux ont en effet été signés pour réduire les émissions de CO2 en développant les énergies renouvelables, principalement le solaire et l’éolien. Pour respecter ces accords internationaux, le gouvernement français a mis en place un Plan Pluriannuel de l’Energie (PPE) qui prévoit d’atteindre 33  % d’énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie et 40  % de production d’électricité par des sources renouvelables en 2030.

Pour cela, l’Etat a planifié l’implantation de plusieurs champs éoliens off-shore de Saint Nazaire à Dunkerque, en passant par Fécamp, Noirmoutier, Saint-Brieuc, Courseulles-sur-Mer ou encore Dieppe/Le Tréport.

Pourquoi est-il important de développer l’éolien off-shore à Dunkerque  ?

Pour conforter notre place de première plateforme énergétique européenne et rester compétitif pour attirer demain de nouvelles entreprises industrielles sur notre sol.

Le bassin économique dunkerquois s’appuie en effet sur deux piliers  : la sidérurgie et la production énergétique. Ce second pôle nous donne un réel avantage pour attirer des industries gourmandes en énergie (Aluminium Dunkerque par exemple) mais aussi pour nous positionner sur des filières d’avenir, telle que la filière hydrogène.

L’implantation d’une usine de fabrication d’hydrogène dans notre agglomération est d’ailleurs actuellement en projet et pourrait créer une centaine d’emplois directs. Dans les années qui viennent, si nous voulons conserver l’avantage compétitif que constitue notre pôle énergétique, il nous faudra donc nous adapter au nouveau contexte énergétique et miser sur les énergies décarbonées. Et principalement sur l’éolien off-shore, car le vent est une richesse naturelle de notre littoral.

Le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Littoral Hauts-de-France, François Lavallée, nous rappelle souvent l’exigence d’anticiper les changements à l’œuvre  : « Le projet éolien off-shore va conforter notre tissu industriel, tout en développant la production d’énergie bas carbone. Comme les travaux actuels sur la décarbonation de l’industrie, le débat public en cours illustre la volonté partagée de nombreux acteurs économiques et décideurs locaux de tourner ce territoire résolument vers l’avenir dans une démarche durable et responsable, conjuguant technologie, énergie et environnement ».

L’éolien off-shore produira-t-il des emplois directs  ?

Oui. Outre les emplois induits grâce aux industries qui s’implanteront pour bénéficier de cette énergie renouvelable, le champ éolien dunkerquois créera directement une cinquantaine d’emplois pour assurer la maintenance du parc dès 2027.

Cette implantation offrira également des opportunités supplémentaires aux entreprises locales déjà présentes sur le marché de l’éolien off-shore et disposant d’un savoir-faire évident, notamment Dillinger, LD Travocéan, Damen Ship Repair, Jade…

La construction du champ éolien représente aussi une formidable occasion pour toutes les entreprises de l’agglomération qui souhaitent accéder à ce marché riche de nombreux projets en mer du Nord dans les dix à quinze ans à venir. Dans les cinq prochaines années, les entreprises locales intéressées seront en effet accompagnées et formées pour leur permettre d’être compétitives.

Et notre littoral ne manque pas de ressources, telle qu’Oleum, centre de formation installé dans l’ancienne Raffinerie des Flandres. « Nous offrons un outil de formation unique en France, assure Cyrille Leurette, son directeur. Grâce à des outils à taille industrielle, comme une éolienne de 35 mètres de haut qui permet de se tester dans des conditions réelles, nous avons tous les atouts pour former les personnels de demain dans le marché de l’éolien off-shore. »

Avec cette implantation d’éoliennes au large de nos côtes, l’agglomération dunkerquoise répondrait ainsi à un enjeu climatique tout en se donnant les moyens de son développement économique futur.

L’éolien nuit-il au tourisme  ? 

Pas du tout, bien au contraire. L’exemple le plus probant demeure le Danemark, pionnier en matière d’éolien off-shore (premier parc à Vindeby en 1991). Le troisième pays européen (derrière le Royaume- Uni et l’Allemagne) utilise avec succès les éoliennes en mer pour sa promotion touristique (dépliants touristiques et publicitaires, cartes postales…).

Plus près de nous, à Zeebrugge (Belgique), les inquiétudes exprimées ont rapidement laissé place à la curiosité. Un tourisme vert s’est développé, notamment pour des croisières en mer du Nord qui ont déjà attiré plus de 50 000 visiteurs. Nos voisins belges sont à la pointe de l’éolien off-shore puisque leur parc atteindra d’ici quelques mois une capacité de 2 262 MW (399 éoliennes). Soit 10  % des besoins électriques du pays et 50  % de ceux des ménages belges  !

Une opportunité fiscale

L’arrivée de ce champ éolien off-shore va générer une dotation annuelle de 10 millions d’euros, dont la moitié ira aux communes de notre littoral. Une opportunité supplémentaire de revenus plutôt bienvenue alors que les ressources financières des collectivités se raréfient.

Cette manne financière permettra de continuer de mettre en œuvre des politiques publiques performantes sans augmenter la fiscalité locale.

L’éolien va diversifier la pêche

Ce champ éolien permettra de diversifier l’activité de la flottille locale, mise à mal dans la crise de la pêche actuelle (pêche électrique, Brexit, fermeture de la criée…). Plusieurs centaines de milliers d’euros de compensation seraient versés par l’exploitant aux pêcheurs, consultés depuis le lancement du projet.

Quel impact sur la biodiversité marine et les oiseaux  ?

L’expérience des autres parcs montre que l’implantation d’éoliennes favorise l’émergence d’une nouvelle biodiversité marine sur site. Concernant l’avifaune, les périodes de migration des oiseaux sont connues et il est possible, comme aux Pays-Bas, de ralentir voire d’arrêter les pales des éoliennes durant les jours annuels de grande migration.

Lutte contre la submersion marine

La plateforme de raccordement des éoliennes sera raccordée par des câbles sous-marins à un poste électrique terrestre. Suite à un appel à projets, une start-up dunkerquoise, Géodunes, va y développer un projet numérique pour récolter des données au large de nos côtes et participer à la lutte contre la submersion marine. 

Utiliser la force du vent, une idée ancienne en Flandre

Utiliser la force du vent n’est pas une idée neuve, comme le prouvent les moulins à vents de Flandre. Dès la fin du XIIe siècle, les moulins à vent sont construits partout en Europe pour broyer les céréales et fabriquer de l’huile.

Jusqu’à la Révolution industrielle du XIXe siècle, ils ont été la principale source d’énergie. Aujourd’hui devenus des éléments emblématiques de l’identité de la Flandre, les moulins à vent ont également participé à l’asséchement du polder des Moëres grâce aux modèles à palettes et à vis d’Archimède.

Les entreprises dunkerquoises témoignent de leur intérêt pour ce projet

 « Nous sommes experts pour le marché des éoliennes offshores », assure Philippe Nawracala, directeur général délégué de Dillinger France. « Dillinger avec sa filiale Dillinger France, Dunkerque, est le leader européen dans la conception de tôles d’acier destinées aux fondations et aux sous-stations électriques des éoliennes en mer. Grâce à notre gamme d’aciers adaptée, nous répondons à la demande du marché des éoliennes en mer depuis dix ans. Nous avons fourni des tôles pour une cinquantaine de projets et nous livrons actuellement celui de Saint-Nazaire, le premier à être implanté en France. Grâce à notre savoir-faire et à notre qualité, nous espérons aussi fournir l’acier des éoliennes dunkerquoises  ! »

Même enthousiasme chez Fabien Guillemot, directeur de Damen Shiprepair Dunkerque (DSDu).   « Nous pourrons valoriser nos compétences et développer de nouvelles activités. Depuis 1968, DSDu a acquis un savoir-faire et une expertise en matière de maintenance et de réparation navale. Nous sommes devenus aujourd’hui un acteur reconnu et majeur pour l’entretien et la conversion de navires spécialisés dans l’installation d’éoliennes en mer. Le projet dunkerquois permettra de valoriser nos compétences, notre expérience dans ce domaine, de nous positionner dans le développement d’activités (fabrication de sous-ensembles métalliques, assemblage de modules avant transport en mer…) et de devenir une base de maintenance de proximité pour les navires de soutien. Nous accueillons ce projet avec une envie affichée d’y participer activement et de montrer le savoir-faire local des entreprises du Dunkerquois. »

Les grandes dates du projet

2016 : lancement du 3e appel d’offres pour le projet de parc éolien.

2016-2019 : présentation des projets par les différents candidats à l’appel d’offres, aux Assises européennes de la Transition énergétique, lors de rendez-vous avec les acteurs économiques ou même des chapelles de carnaval  ! De nombreux articles de presse (« La Voix du Nord », « Le Phare dunkerquois », « Le Journal communautaire ») ont présenté le projet et rendu compte de ce dialogue.

2019 : désignation du groupement Eoliennes en mer de Dunkerque (réunissant EDF

Renouvelables, Enbridge et Innogy SE) comme lauréat.

2020: lancement du débat public par la CNDP qui permet à chacun de poser des questions pour définir plus précisément ce projet qui prévoit l’implantation à plus de 10 km des côtes de 38 à 46 éoliennes (puissance totale de 600 MW). Ces éoliennes produiront environ 2,3 TWh, soit la consommation électrique résidentielle de près de 500 000 habitants.

2025 : lancement du chantier.

2027 : mise en service.

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