Le stade Tribut prépare sa troisième vie

Un demi-siècle après sa construction, la tribune Sud est grignotée par les bulldozers, avant d'être entièrement démolie. Elle cédera la place en septembre 2019 à une nouvelle structure de plus de 2 400 places qui deviendra la nouvelle tribune « honneur » du club phare de football du Dunkerquois.

Cette première phase de chantier sera suivie d’une seconde qui prévoit, dès la livraison de la nouvelle tribune, la démolition et la reconstruction de celle qui se trouve côté canal. En juin 2020, celle-ci offrira près de 2500 places assises ainsi que 15 loges VIP et un salon de 350 m².

Près de 5000 places dans le nouveau stade Tribut

Le stade Tribut nouvelle génération comptera alors près de 5 000 places et s’ouvrira sur la ville par une nouvelle entrée débouchant sur un parvis arboré, en lieu et place de l’actuelle tribune « debout » (sous le panneau d’affichage). 

Financé par la Communauté urbaine de Dunkerque (14 millions d’euros), ce nouveau stade Tribut a été dessiné par le cabinet d’architectes dunkerquois Sockeel (associé au Lillois OLGAA). Ce projet architectural se distingue par un ouvrage elliptique aux formes fluides et simples, avec un rideau de lames de bois qui embellira l'entrée de l'agglomération. 

Avec ces nouvelles tribunes et une pelouse hybride (mi-naturelle mi-synthétique), l’USLD et ses supporters profiteront alors d’un écrin moderne, digne d’une montée en Ligue 2. Un objectif que le club poursuivra en continuant, pendant les travaux, de jouer dans son stade, qui sera adapté à ses ambitions dès 2020.

Un stade lancé en 1956

Sur les bords du canal exutoire, sont donnés les premiers coups de pioche de la construction d’une tribune « en dur », sur l’emprise du stade Tribut, aux confins de Dunkerque et de Rosendaël. Nous sommes en 1956, l’Union sportive de Dunkerque, club phare de l’agglomération, est né deux ans plus tôt, suite à une énième fusion de clubs dunkerquois de football.
Dix ans plus tard, l’USD disposera de deux tribunes : la première, bâtie côté canal, est appelée « assise » ou « honneur », l’autre est dénommée « debout » ou « populaire ». Fort de cet équipement moderne pour l’époque, l’USD frappe à la porte du monde professionnel : il y restera durant trente ans (1966-1996) !

L’histoire du foot à Tribut a commencé en 1931

Mais avant ce long bail professionnel, l’histoire du foot à Tribut a commencé en 1931, sur ce terrain de 3 hectares situé à l’emplacement de l’ancien parc Jacobsen. Doté d’une tribune en bois de 1 200 places, ce stade avait pris le nom du « père fondateur » du foot dans le Dunkerquois, Marcel Tribut.
Cet employé du port était revenu en 1899 d’un séjour en Ecosse avec ce drôle de jeu dans les bagages. Bon apôtre du dieu football, Marcel Tribut a convaincu les foules. « Ils pratiquent là-bas un jeu épatant. Ça s’appelle le football, un sport qui se dispute par équipe de onze avec un ballon joué au pied. Vous verrez, je vous apprendrai ».
Des clubs avaient alors éclos, fusionnant souvent, prenant des noms tels que l’US Malo-les-Bains, le Stade Dunkerquois, l’Union Racing Dunkerque Malo. Pensionnaire du nouveau stade, l’Olympique Dunkerquois était devenu professionnel en 1935.

Construire un nouveau stade pour nourrir des ambitions pour l’USLD

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, tout est à reconstruire. Tant du point de vue du club, sans dirigeants ni joueurs, que du stade, privé de terrain (labouré par les bombes) et de tribune (dynamitée). Il faut attendre 1954 pour voir le foot dunkerquois renaître : l’OD fusionne avec le Dunkerque Étudiant Club et devient l’Union sportive de Dunkerque (USD). Aux manettes du club : Jean Rouvroy (il le restera jusqu’en décembre 1995).
Le projet de nouveau stade est rapidement lancé : en 1957, l’actuelle tribune « honneur » sort de terre et accueille public, bureaux, salles et vestiaires. Sa voisine « populaire » reste de bois en attendant de disparaitre à son tour à la fin des années 60. Comme dans les années 30, la construction du nouveau stade Tribut est le prélude d’une période faste pour l’USD.
Après avoir décroché l’accession en Championnat de France Amateurs en 1960, le club demande en 1966 à rejoindre le monde professionnel et la seconde division : il y restera durant trente ans !

Trente ans de D2 !

Abonnés aux matches de deuxième division professionnelle, le stade Tribut et ses fidèles supporters ont gardé chacun un souvenir d’un moment fort de l’histoire du football dunkerquois. Le quart de finale de coupe de France disputé face au grand Lyon (1971). Ou le 16e de finale contre le Saint-Etienne de Moravcik et de Bell, disputé devant 8500 spectateurs (0-3, en mars 1992). Ou encore les grandes épopées de D2 lors des saisons 1972-1973 (4e) et 1978-1979 (3e). Ou celle de 1994-1995 (8e) avec la venue du grand OM (2-2, devant 7300 spectateurs).
Peut-être ont-ils oublié ou pas gardé en mémoire les compétition d’athlétisme, le France-Irlande espoirs de football (1987, devant 8000 personnes), les matches de rugby et même de football américain !

Un nouveau stade en 2019-2020

Devenue l’Union Sportive Littoral Dunkerque en 1987 quand la CUD a décidé de subventionner le club, le club a vécu quelques descentes en enfer durant les années 90. Les hourras et bravos ont retenti moins souvent dans les travées des tribunes de Tribut.

Mais fidèle à sa devise, « Contre vents et marées », l’USLD s’est appuyé sur son centre de formation pour retrouver le haut de tableau de la 3e division professionnelle, avec la Ligue 2 en ligne de mire. Comme dans les années 30 puis 60, le club dunkerquois espère atteindre son objectif grâce à un stade remis aux normes, plus accueillant et plus agréable, financé par la Communauté urbaine et la Ville de Dunkerque. 

Programmé en deux phases, ce nouveau stade aux formes elliptiques, fluides et simples proposera près de 5 000 places aux supporters. S’ouvrant sur la ville par une nouvelle entrée débouchant sur un parvis arboré, ce nouveau stade Tribut sera parfaitement conforme aux ambitions du club de football phare de l’agglomération.

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