Football : l'USLD a renoué son idylle avec la deuxième division

Le 29 août 2020, l'USLD a retrouvé la deuxième division nationale à Tribut en recevant Clermont. A la veille du derby face à Valenciennes, retour sur une première idylle de trente ans faite de moments forts comme de souvenirs plus pénibles, avec quelques moments choisis de cette histoire riche en émotions. En attendant que les joueurs du président Scouarnec et du coach Mercadal n’écrivent la suite...

1966 et 2020 : deux accessions « jumelles »

Le 22 août 2020, l’USL Dunkerque renouait son idylle avec le niveau professionnel après 24 ans de rupture. Par une courte mais précieuse victoire (0-1), à Toulouse, là même où trente années d’histoire d’amour entre Dunkerque et le foot pro, avec ses hauts et ses bas, avaient cessé un soir de défaite (4-2) le 17 mai 1996.

 

Le 14 mai 2020, le comité exécutif de la Fédération française de football officialisait le retour de Dunkerque dans l’antichambre de la Ligue 1 au terme d’une saison particulière puisqu’écourtée après 25 premières journées de championnat. Deuxième du National, un point derrière Pau, un point devant Boulogne-sur-Mer, le club dunkerquois (joueurs, dirigeants, salariés…) voyait son engagement de tous les instants depuis six ans être récompensé.

Cette « péripétie » rappelle fortement les conditions dans lesquelles ce qui était alors l’USD avait intégré la deuxième division professionnelle à l’aube de la saison 1966-67. C’est également dans les locaux des instances footballistiques nationales, le Groupement des clubs professionnels, qu’avait été décidée la participation des Bleu et Blanc à une D2. C’est également un 14 mai (en 1966) que le président Jean Rouvroy était allé défendre la cause d’un club qui venait de terminer le Championnat de France amateur d’alors… à la deuxième place.

Des rêves de D1

 

Après quelques faits de gloire en Coupe de France (quarts de finale au parc des Princes face à Quevilly en 1968, puis face à Lyon en 1971), Dunkerque allait se distinguer en championnat au cours d’une saison 1972-1973 qui restera dans les annales. Avec Elie Fruchart aux commandes du groupe pro et un trio d’attaquants redoutables (Terrier-Garnier-Camara), l’USD termine le championnat à la 4e place juste derrière Lens, Boulogne et Lille !

Les Dunkerquois vivent de belles années en D2, terminant également la saison 1977-1978 à la 4e place après avoir occupé à deux reprises le fauteuil de leader. Les rêves de D1 dans les travées de Tribut (garnies de 2 000 spectateurs en moyenne) n’iront pas plus loin qu’une saison 1978-1979 bouclée à la 3e place, à trois points seulement du champion lensois et du barragiste brestois.

Des années 80 difficiles

 

Si les années 1970 ont été riches en satisfactions, il n’en sera pas de même lors de la décennie suivante. Dès le printemps 1981, l’USD ne sauve sa tête qu’en raison de la rétrogradation administrative du club de Thionville. Trois ans plus tard, le club dunkerquois, en proie à de graves problèmes financiers, dépose le bilan. Se relève en misant sur sa jeunesse, encadrée par Hervé Gorce et Alex Dupont. Prend le nom d’Union Sportive du Littoral Dunkerquois (USLD) en 1987, suite au soutien financier de la Communauté urbaine de Dunkerque.

Un rendez-vous inoubliable avec l’OM champion d’Europe à Tribut

 

Repêchés en 1991 pour la seconde fois de son histoire, les Bleu et Blanc gardent le cap de la deuxième division professionnelle lorsqu’est créé la Super D2 en 1993, grâce à une exceptionnelle 6e place, obtenue par les Sachy, Hébert, Blanchard, Gautier et autres Rodrigues coachés par Alex Dupont. À l’aise dans cette Super D2, les Dunkerquois vivront encore de belles heures à Tribut en recevant le 4 mars 1995 l’Olympique de Marseille, champion d’Europe en titre, relégué dans le cadre de l’affaire VA-OM. Nombre de supporters dunkerquois parlent encore du coup franc de Lilian Martin décrochant le nul à l’ultime minute…

Contre vents et marées

 

La chute n’en sera que plus brutale… Après une bonne décennie à lutter « contre vents et marées » comme l’indique sa devise, le club dunkerquois sombre à pic. Le 17 mai 1996, l’USLD met fin à 30 années de D2 après une ultime défaite concédée au Stadium de Toulouse face au Téfécé d’Alain Giresse (2-4). Et voit son président historique, Jean Rouvroy, céder les rênes de son club de toujours.

Fort d’une histoire riche en techniciens de renom (Elie Fruchart, Robert Doumergue, Francis Smerecki, Alex Dupont…), le club a également révélé quelques talents, tels Jocelyn Blanchard, Nicolas Sachy, Nicolas Huysman, José Pierre-Fanfan et tant d’autres qui se sont épanouis sous d’autres cieux (Christophe Hogard, Fabrice Baron, Grégory Deswarte…).

Une histoire avec laquelle il renoue aujourd’hui, après 24 années d’éclipse, sous la conduite de son président Jean-Pierre Scouarnec, lui-même épaulé par un ancien joueur, Jocelyn Blanchard (Metz, Juventus Turin, Lens…). Ayant remporté le pari de la montée en Ligue 2, les joueurs de Fabrice Mercadal doivent réussir celui de la pérennité pour écrire un nouveau chapitre de l’histoire footballistique dunkerquoise, dans un stade Tribut bientôt remis à neuf, moderne (2 500 places aujourd’hui, 5 000 en 2021), digne de ses ambitions retrouvées.

Alex Dupont, alias « Sir Alex »

 

Joueur à Dunkerque (1972-1975 puis 1979-1983) et à Hazebrouck (1975-1979), Alex Dupont s’est forgé une belle carrière d’entraîneur réputé (715 matches chez les pros). À Dunkerque tout d’abord (1984-85 puis 1990-1996), son club de toujours dont il scrutait le moindre résultat. À Gueugnon ensuite où il remporta la Coupe de la Ligue 2000. À Sedan, qu’il qualifia en 2001 pour la Coupe UEFA. Chaleureux, bon vivant, membre de l’association philanthropique et carnavalesque des Corsaires, Alex Dupont s’en est allé brutalement le 1er août dernier. Son club de cœur lui a rendu hommage lors de la venue de Clermont le 29 août, match scellant le retour de l’USLD au deuxième échelon national.

A la Une

Vers le haut