
Maire | David Bailleul |
Date d'adhésion | 1968 |
Population | 24487 h. |
Superficie | 914 ha. |
Adresse de la mairie | Place de la République - BP19 |
59411 - Coudekerque-Branche | |
Téléphone | 03 28 29 25 25 |
Site internet |

1789 : naissance de la commune
1850 : cession des « Bains-de-Mer » et du Jeu-de-Mail
1860 : création de la commune de Rosendaël
1837 : début de l’industrialisation
1978 : un nouvel hôtel de ville
Coudekerque-Branche est fille de la Révolution française, sur décision de l’Assemblée constituante (12 novembre 1789) et par le décret du 14 décembre portant constitution des municipalités. Erigée en commune, cette « Branche » de l’exparoisse de Coudekerque représente alors une communauté de 1170 habitants, établis sur un territoire de 1188 hectares. Elle hérite ainsi du fort Louis, construit sur les plans de Vauban.
Dès sa création, la commune est divisée administrativement en quatre sections, un découpage qui s’appuie sur ses limites naturelles et le maillage des voies d’eau. Mais ces entités, privées entre elles de liens fixes, se développent de façon fort inégale. La commune reste isolée et végète jusqu’au milieu du XIXe siècle. En 1840, Coudekerque-Branche ne compte guère plus de 1500 habitants, essentiellement établis au pied des glacis sud et est de la place forte de Dunkerque.
L’immensité de son territoire suscite bien des convoitises et la commune est menacée, dans son existence même, par l’administration de l’époque. Elle résiste mais doit accepter, en 1850, le rattachement à Dunkerque de près de 60 hectares, couvrant la partie dite des « Bains-de-Mer », à l’est de l’entrée du port, le secteur du « Jeu-de-Mail », alors site économique de première importance, l’emprise foncière du nouveau cimetière de Dunkerque et la portion du canal de Furnes où se pratique le pesage des marchandises issues du trafic de la batellerie. Enfin, en 1860, le hameau de Rosendaël, paroisse depuis 1842, s’érige en commune. Ces amputations successives s’accompagnent d’importantes pertes démographiques et la commune ne compte plus que 884 habitants en 1861.
En 1866, le conseil municipal s’oppose fermement à un projet présenté par l’autorité préfectorale visant à rattacher, à la commune de Cappelle, une portion de territoire où l’industrie prospérait depuis 1837, date de l’implantation de la manufacture Malo et Dickson, filature mécanique de lin puis de jute, établie à proximité de quelques briqueteries et genièvreries, à deux pas du canal de Bourbourg. Le mouvement s’était ensuite amplifié avec la mise en service, en 1848, de la voie ferrée Dunkerque-Lille, l’activité textile étant alors rejointe par l’industrie agroalimentaire puis pétrolière. Coudekerque-Branche devient ainsi le faubourg industriel et l’annexe manufacturière du port de Dunkerque, avec sa gare (1888) et sa halle à marchandises. Pour autant, le désenclavement de la commune est tardif : ce n’est qu’après l’ouverture du chemin dit de « ceinture » (1887) et la construction du pont Saint-Georges (1888) que l’industrie franchit le canal de Bergues et se développe, conjointement à l’habitat ouvrier : le textile s’y développe avec les établissements Weill-Marix, rejoints par des usines d’engrais, de conserverie puis des activités de chaudronnerie. La population communale connaît dès lors une croissance spectaculaire.
En 1911, Coudekerque-Branche compte 8231 habitants et la ville ne cesse de s’étendre en se greffant sur les industries. La cité ouvrière qui s’est donné très tôt (1904) une municipalité à direction socialiste accueille une expérience originale de distribution coopérative de consommation : à partir des années 1920 et durant 60 ans, les Coopérateurs de Flandre et d’Artois vont couvrir de leurs succursales les départements du Nord et du Pas-de-Calais. Bien que se trouvant dans le périmètre de la zone des combats en mai et juin 1940, le tissu urbain échappe partiellement aux destructions massives qui affectent les communes littorales mais les souffrances de l’Occupation se prolongent encore avec le siège de 1944-1945 : à l’issue du conflit, 432 habitations sont détruites et 2581 endommagées.
Après le temps de la Reconstruction, Coudekerque-Branche est rapidement confrontée à de profondes mutations économiques et ne profite guère de la croissance des Trente Glorieuses si ce n’est sur le plan démographique (25 100 habitants en 1968). La crise du textile engendre moult disparitions d’entreprises et les activités traditionnelles doivent, pour survivre ou se développer, quitter le coeur de la ville. Il faut attendre les années 1980 pour voir le tissu économique de la commune se renouveler avec la création de la zone du Tonkin et d’une pépinière d’entreprises implantée dans les entrepôts des ex-Coopérateurs. Dans le même temps, la ville engage une profonde mutation urbaine : la construction d’un nouvel hôtel de ville (1978) déplace le centre de gravité de la cité et assure l’émergence d’un véritable centre-ville pourvu d’équipements commerciaux, sociaux et culturels. Cette transformation du paysage urbain s’opère aussi par une politique soutenue de construction de logements sociaux, initiée par la Communauté urbaine (ZAC Victor-Hugo et du Boernhol) et un souci permanent d’atténuer les déséquilibres existant entre les différents quartiers d’une ville où l’on compte pas moins de sept îlots de vie. Forte d’une reconquête réussie de ses friches industrielles, Coudekerque-Branche a su gérer son développement par une révolution urbaine tranquille lui assurant la pérennité de son identité ouvrière. Elle s’est aussi attachée à restaurer les éléments les plus anciens de son patrimoine et son magnifique parc du Fort-Louis offre, aux habitants de l’agglomération, 33 hectares de verdure et d’histoire.
Patrick Oddone