
1976 : création d’un réseau de surveillance de la qualité de l’air
1989 : mise en place du tri sélectif
1996 : 1er prix européen des villes durables et adhésion à la charte d’Aalborg
1997 : la CUD reçoit le prix « Territoria » pour son schéma d’environnement industriel
2009 : adoption du « Plan climat territorial »
Le développement durable pour thème d’une rubrique patrimoine ? N’y voyez aucun anachronisme car l’histoire contemporaine du Dunkerquois élabore pas à pas, depuis deux décennies, le substrat du patrimoine de demain, celui que nous lèguerons aux générations futures.
Esquissée dès 1972 dans un rapport publié par le club de Rome sur les limites de la croissance et lors d’une conférence des Nations Unies, premier « Sommet de la Terre » consacré à l’écodéveloppement et aux interactions entre écologie et économie, la définition du développement durable, c’est-à-dire l’idée d’un développement pouvant à la fois réduire les inégalités sociales et la pression sur l’environnement, est proposée en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement (rapport Brundtland). L’émergence du concept fut donc longue et il fallut attendre le deuxième sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992 pour que le terme fût consacré et commençât à être médiatisé. Pour autant, des collectivités, qui avaient pris conscience des enjeux, ont largement anticipé leur engagement en ce domaine. C’est particulièrement le cas de la Communauté urbaine de Dunkerque qui, très tôt, a placé l’environnement au cœur de ses préoccupations et de sa démarche politique.
Créée en 1969, la Communauté urbaine de Dunkerque s’est d’abord attachée à gérer les retombées de la croissance issues d’un développement économique et industriel sans précédent, et à organiser harmonieusement une agglomération confrontée à l’expansion urbaine. C’est en relevant ces défis de la modernité qu’elle a développé des projets qui donnaient une place croissante à la dimension environnementale. A la fin des années 1980, la disparition de la construction navale, qui fut un choc économique majeur provoquant de profondes répercussions dans le tissu social et urbain, les instances communautaires ont alors choisi de combiner le maintien de sa vocation industrielle et portuaire avec un engagement ferme dans la voie du développement durable, institué en levier d’attractivité du territoire. Ainsi, dès 1989, la CUD est la première collectivité de France à mettre en place le tri sélectif sur l’ensemble de son territoire, en instaurant une « poubelle bleue » pour les matières recyclables. Pour cette performance, elle reçoit, l’année suivante l’Oscar de l’Environnement, décerné par le ministère éponyme. Dans la foulée, elle décide de l’implantation de plusieurs déchèteries destinées à recevoir les encombrants des particuliers. En pole position sur le plan de la gestion raisonnée des déchets, la CUD est aussi la première à se doter d’un réseau de surveillance de la qualité de l’air (1976) et à accueillir, en 1996, une centrale éolienne qui est la plus puissante de cette époque.
Au début des années 1990, la CUD impulse une dynamique qui s’inscrit dans le long terme et se tourne vers l’innovation, grâce à un renforcement des moyens financiers et à élargissement du champ de ses compétences. Elle s’attache dès lors à concilier les activités économiques présentes sur son territoire avec le choix délibéré d’un environnement de qualité. C’est ainsi qu’est créé en juillet 1990 un Secrétariat permanent pour les pollutions industrielles (Spppi), regroupant élus, industriels, administrations et associations pour la défense de l’environnement. De plus, un Schéma d’environnement industriel, déterminant les règles environnementales à suivre sur les zones d’activité, est négocié en 1993 avec les entreprises. Cette démarche innovante lui vaut de recevoir, conjointement à la ville de Dunkerque, en octobre 1996, à Lisbonne, le premier « Prix européen des villes durables », décerné dans le cadre de la charte d’Aalborg, adoptée en mai 1994. Le 5 décembre, la CUD adhère à cette charte qui détermine deux objectifs principaux : d’une part, favoriser la prise de conscience en mettant en lumière la nécessité pour les collectivités locales d’Europe d’agir de façon intégrée pour répondre aux défis croissants de la durabilité, et d’autre part constituer un outil pratique et souple d’action et de réalisations locales. Le développement durable étant devenu progressivement le fil conducteur de l’intervention communautaire, positionnant ainsi l’agglomération en pôle de référence, l’institution ne tarde pas à collectionner les témoignages de reconnaissance. En mars1997, la CUD reçoit le 10e prix « Territoria » pour son schéma d’environnement industriel pour un développement maîtrisé et durable, et en novembre 2000 le prix spécial du jury des 10e trophées Eco-Actions de l’association des éco-maires de France. En 2005, on lui décerne le 1er trophée « Planète Gagnante » pour sa campagne de thermographie menée l’année précédente. En 2006, c’est le Défi d’Or du concours « Défi pour la Terre » dans la catégorie « communautés de communes », lors du Salon des maires et des collectivités locales à Paris, et en 2007, la CUD est honorée de la Marianne d’Or spécial « Grenelle de l’Environnement » qui récompense sa campagne de thermographie et son opération « Réflexénergie ».
Après avoir adopté en juin 2006 une charte de gestion des déchets « pour un territoire responsable et exemplaire », la CUD dispose aujourd’hui d’un centre de tri, d’un centre de valorisation organique et d’un centre de valorisation énergétique, auxquels est associée la Maison 3D, structure d’éducation au développement durable, conçue pédagogiquement pour l’accueil de la population scolaire. En novembre 2009, elle s’est dotée d’un « Plan climat territorial » qui l’engage à atteindre, à l’horizon 2020, une réduction de 20% des émissions de gaz à effets de serre, une amélioration de 20 % de l’efficacité énergétique et une part de 20 % d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie. Enfin, dans son projet communautaire, voté en 2003 et actualisé en 2008, le développement durable, qui se décline dans chacune de ses actions, répond à l’urgence de la situation et participe à la construction de l’avenir du territoire selon des règles souples, établies collectivement. L’accueil, à Dunkerque, de la 6e conférence européenne des villes durables, réaffirmera le rôle essentiel des collectivités locales pour la promotion d’une croissance « verte » des territoires.
Patrick Oddone
Le Grand Dunkerque, une histoire en marche
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Aux origines du port (18e - 19e siècle)
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