Retour accueil

Recherche

  • Accessibilité
  • Contact
  • Plan du site
Bandeau Dunkerque Grand Littoral

Territoire

Histoire du territoire

Vous êtes ici : Accueil > Territoire > Histoire du territoire

Le centre européen de loisirs et d'accueil

L’auberge de jeunesse accueillie dans un baraquement provisoire à Rosendaël.

1911 : création de la première auberge de jeunesse
           en Allemagne
1930 : apparition de la première auberge en France
1939 : la France compte 400 auberges
1947 : Pierre Delaporte crée l’auberge de Dunkerque
1974 : ouverture de l’auberge de la digue des Alliés
2011 : un nouveau centre d’hébergement collectif
           dans le quartier du Grand Large

La construction d’une auberge de jeunesse de nouvelle génération s’achève, dans le quartier du Grand Large, et ce bâtiment de haute qualité environnementale, implanté entre la nouvelle salle de sports et le futur FRAC, devrait accueillir ses premiers hôtes dès l’été prochain. Une opportunité pour revisiter l’histoire européenne, nationale et dunkerquoise de ce mouvement qui a largement favorisé la découverte du monde et les échanges interculturels, notamment entre jeunes.

 

Les origines du mouvement ajiste

Anglaise ou allemande ? L’origine des auberges de jeunesse est toujours en débat. Pour certains, elles seraient nées à Londres, en 1844, avec la création, par Sir Georges Williams, des YMCA (Young Men Christian Associations) qui, rapidement, voient le jour en Europe, sur la base de valeurs faisant appel à la responsabilité de soi et au respect de l’autre, à la dénonciation de tout fanatisme et à l’exhortation au témoignage pour la justice et la paix. Pour d’autres, ce serait le scoutisme et l’œuvre du colonel de l’armée coloniale britannique Baden-Powell, qui auraient inspiré les fondateurs des auberges.

Cependant, la source la plus proche, la plus crédible aussi, est plutôt à rechercher en Allemagne où, en Westphalie, l’instituteur Richard Schirrmann (1874-1961) installe, dans sa salle de classe, durant les vacances scolaires 1907, des couchettes de paille pour héberger des jeunes qu’il mène en randonnée. Quatre ans plus tard, il crée la première auberge de jeunesse au château d’Altena où il accueille, moyennant une participation très minime, des enfants puis des adolescents, des étudiants et des jeunes ouvriers. Son exemple est alors suivi et les « auberges des écoliers », au confort très rudimentaire, semultiplient. En 1919, elles sont en Allemagne, au nombre de 300, réalisent quelque 60 000 nuitées, et deviennent un modèle pour le monde entier.

Les valeurs de l’ajisme, portées par les instituteurs allemands, se fondent alors, non sans un certain lyrisme romantique, sur l’éloge du voyage à pied sur les routes, l’intimité avec la nature retrouvée, l’accueil de toute la jeunesse sans distinction sociale et une absolue neutralité politique. L’Allemagne compte plus de 2 000 auberges dans les années 1930 et, suite à une conférence internationale tenue en 1932, le mouvement commence à percer aux États-Unis et dans bien d’autres pays.

 

La naissance des auberges françaises

Un esprit nouveau a pris forme et l’idée ne tarde pas à se répandre dans le reste de l’Europe. En France, c’est à Marc Sangnier (1873-1950) que l’on doit la première auberge de jeunesse, baptisée L’Épi d’Or, construite à Boissy-la-Rivière (Essonne) et ouverte le 28 août 1930. Journaliste, homme politique et propagateur d’un catholicisme progressiste, cet ancien et valeureux combattant de la Première Guerre mondiale défend, une fois la paix revenue, l’idée d’une véritable réconciliation francoallemande. En 1930, après avoir abandonné la politique, il se consacre à la cause pacifiste et, plus que jamais animé par la volonté de contribuer à la réconciliation des peuples, il crée la Ligue Française pour les Auberges de Jeunesse.

Le mouvement s’accélère avec l’avènement des congés payés en 1936 et le soutien de Léo Lagrange, sous-secrétaire d’Etat à la Jeunesse, qui y voit un relais indispensable à la politique sociale du gouvernement du Front Populaire. Apparaissent alors divers courants ajistes et, en 1938, Léo Lagrange est élu président du Centre Laïque des Auberges de Jeunesse. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, la France compte 400 auberges, contre 160 aujourd’hui.

 

Le fondateur : Pierre Delaporte

En 1946, quelques mois après la libération de la « poche », le résistant Pierre Delaporte (1909-1999), qui a libéré l’hôtel de ville d’Arras les armes à la main, arrive à Dunkerque en qualité de responsable de l’Office des anciens combattants et victimes de guerre, chargé du rapatriement et de la réinstallation des réfugiés de l’Aube et de la Côte d’Or. Grand sportif - il fut avant-guerre entraîneur de water-polo et de basket-ball - il ne tarde pas à s’impliquer dans la vie locale et devient l’un des dirigeants de Dunkerque-Natation puis préside aux destinées de la section féminine de basket de l’Olympique-Dunkerque. Son action pour la jeunesse et les loisirs l’avait conduit à adhérer, dès 1933 à Arras, au Centre laïque des auberges de jeunesse. Il avait fondé la fédération dans le Pas-de-Calais, en devenant le secrétaire de 1937 à 1940, et participé notamment à la création des auberges d’Arras et de Beaumetz-les-Loges. Fidèle à cet idéal, il récidive et installe donc, en 1947, une auberge bien équipée dans l’un des baraquements de ses services, square Guynemer. L’auberge de jeunesse de Dunkerque est née..

 

Une vocation sociale et internationale

L’auberge est ensuite amenée à suivre le rythme de la Reconstruction : du square Guynemer, elle émigre d’abord à Rosendaël dans un baraquement provisoire situé à l’angle des rues Zamenhof et Claeyman où elle propose diverses activités liées aux loisirs, aux sports et à la rencontre des jeunes, jouant ainsi le rôle de MJC avant l’heure. Puis, sur intervention d’Albert Denvers, elle s’installe aux Ilôts Bleus dans des locaux qui accueilleront par la suite le foyer Télesphore Caudron de l’AFEJI. Enfin, la municipalité de Dunkerque décide la construction d’une nouvelle auberge, à l’extrémité de la place du Kursaal, digue des Alliés. Cet équipement, opérationnel dès l’été 1974, offre à l’époque une capacité de 90 lits et permet l’organisation de stages et de classes de mer.

Il est donc remplacé aujourd’hui par un équipement ultramoderne qui bénéficiera du label Tourisme et handicap et sera donc accessible à tous. Il est destiné à accueillir des groupes pratiquant des activités sportives, culturelles ou éducatives, notamment en liaison avec la base arrière des Jeux Olympiques de 2012. En outre, sa vocation sociale favorisera des séjours à la mer pour des publics défavorisés.

Patrick Oddone

L’auberge de jeunesse, construite par la ville de Dunkerque et ouverte en 1974, remplace les installations des Ilôts Bleus.
Le nouvel équipement à vocation internationale, imaginé par le cabinet d’architecture gravelinois Wallyn-Sézille, offrira une capacité d’accueil de 168 lits.

Histoire du territoire

 Le Grand Dunkerque, une histoire en marche
 Aux origines du port (12e - 18e siècle)
 Aux origines du port (18e - 19e siècle)
 Aux origines du port (19e - 20e siècle)
 Le port du XXe siècle (1900 - 1945)
 Le port du XXe siècle (1945 - 2000)
 Mémoire du premier site balnéaire
 Saint-Pol compagnon d'armes de Jean-Bart
 Le fort de Petite-Synthe a cent ans
 Le fort des Dunes : un site de mémoire
 Nouvelle vie pour le Sandettié
 Sémillante Duchesse Anne
 In Memoriam Albert Denvers
 Armistice 1918, la fin d’un cauchemar
 La bataille des Dunes
 Le carnaval, tradition séculaire
 L’écluse du canal de Mardyck
 L’église Saint-Jean-Baptiste de Bourbourg
 Forts Louis et Vallière, sentinelles avancées
 Guynemer, figure légendaire
 Guilde, la mémoire batelière
 La société Lesieur centenaire
 Le Princess Elizabeth : un grand little ship
 Tour de France : 24ème édition dunkerquoise
 Vauban et la Flandre maritime
 Les wateringues, institution séculaire
 Il y a 150 ans naissait Rosendaël
 Vingt ans de développement durable
 Il y a 70 ans, l'opération Dynamo
 Quand la terre parle
 Jacques Collache, dernier maire de Rosendaël
 Les Bains Dunkerquois
 Ces phares qui éclairent l’Histoire
 Le centre européen de loisirs et d'accueil
 Arthur Van Hecke, une âme flamande
 L’épopée malouine
 Les beffrois, miroirs de l'histoire
 Le Musée de l'identité portuaire
 Saint-Martin, fête européenne de la lumière
 Il y a 60 ans, la Reconstruction
 Petite-Synthe, du village au quartier
 Les cités des cheminots
 Les jardins de la solidarité
 Deux navires emblématiques