
10 mai : invasion des Pays-Bas, de la Belgique et du Luxembourg
14 mai : le front français est percé à Sedan
19 mai : premiers préparatifs de l’opération Dynamo
26 mai : l’armée britannique commence son rapatriement
4 juin : entrée des troupes allemandes à Dunkerque
Le 4 juin 1940, au matin, le troupes allemandes faisaient leur entrée à Dunkerque pour une occupation qui allait se révéler longue, pesante et massive. La France, alors humiliée, traumatisée par une défaite cuisante, n’allait pas tarder à se déshonorer en s’engageant sur la voie d’une honteuse collaboration. La Grande-Bretagne, son principal allié, avait réussi à sauver l’essentiel de son armée et s’apprêtait, par la voix de Churchill, à s’ériger en ultime rempart contre le nazisme. Ces semaines de chaos qui s’achèvent par les « neuf jours de Dunkerque » restent gravés dans les mémoires, comme le symbole de la perte d’une liberté dont la reconquête passera par un embrasement mondial du conflit et une accumulation de souffrances.
Après une drôle de guerre anesthésiante, le réveil est brutal. Le 10 mai 1940, l’armée allemande envahit les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg. Rien ne pourra l’arrêter. La France, qui se croit éternellement protégée par sa ligne Maginot, doit vite déchanter et se soumettre, non sans résister. La cause principale du désastre réside dans ses choix stratégiques s’appuyant sur une foi excessive accordée à la doctrine du « front continu » et sur la certitude de pouvoir empêcher toute réédition du plan Schlieffen mis en œuvre par l’Allemagne en 14 -18. Si elle n’est pas à rechercher dans le manque d’armement, elle se trouve par contre dans le mauvais emploi tactique du matériel moderne, chars et avions, relégués au rang d’armes d’appoint ou de reconnaissance, éparpillés à travers le pays au lieu d’être rassemblés à proximité des théâtres d’opérations. Enfin, les stratèges français n’ont tiré aucune leçon de la technique de la guerre-éclair utilisée en Pologne et expérimentée quelques années plus tôt en Espagne. Le 10 mai donc, comme le prévoient les plans, les meilleures troupes françaises et le Corps expéditionnaire britannique se précipitent en Belgique, sans ce douter qu’ils s’engouffrent dans un piège et que l’ennemi portera son offensive principale au cœur des Ardennes.
Le 14 mai, le front français est percé à Sedan et les colonnes blindées allemandes s’engagent dans une course à la mer : c’est la manœuvre du « coup de faux » imaginée par le plan Manstein. Une semaine plus tard, l’ennemi achève son encerclement et enferme dans une nasse, qui ne va cesser de se restreindre, 45 divisions alliées représentant un million de soldats français, britanniques et belges. Dès le 18 mai, le général Gort qui commande le Corps expéditionnaire britannique alerte Londres sur le caractère désespéré de la situation militaire et l’urgence de sortir au plus tôt de ce piège, afin d’assurer le sauvetage des divisions engagées sur le continent. Un plan d’évacuation d’urgence par la Manche est mis au point par le vice-amiral Ramsay qui a établi ses quartiers à Douvres, dans la Dynamo Room, une salle où, durant la première Guerre mondiale, avait été installé un générateur électrique.
Sur les routes du Nord, la situation est chaotique. Les colonnes de réfugiés, belges et français, croisent des troupes alliées qui refluent ou l’armée allemande conquérante. C’est la confusion la plus totale. Le bombardement du port et de la ville de Dunkerque commence dans la nuit du 18 au 19 mai. Boulogne est investie le 22 mai en soirée, de même que Calais, le lendemain.
Le 23 au soir, la 1ère Panzer du général Guderian atteint l’Aa mais les blindés vont recevoir l’ordre de s’arrêter pendant 48 heures. Ce coup d’arrêt inespéré est mis à profit par les alliés pour consolider la défense du camp retranché. Considérant que la partie est perdue, à juste titre d’ailleurs, les Britanniques entament un repli méthodique. Le 23, ils se retirent du front d’Arras, créant ainsi un profond malaise dans les rapports franco-britanniques. Le général Gort ne croit plus à la nouvelle stratégie élaborée par le généralissime Weygand qui, le 21 mai, a remplacé au commandement suprême le général Gamelin. Pressentant la capitulation de la Belgique et estimant que toute contre-attaque serait vouée à l’échec, il décide le repli de ses divisions sur l’Yser, sans arrêt sur la Lys. Le 26 mai, à 18 h 57, l’Amirauté britannique déclenche l’opération Dynamo qui, en fait, a commencé quelques heures plus tôt par l’envoi sur Dunkerque d’une flotte de transport.
L’arrivée des troupes britanniques à Dunkerque entraîne un accroissement de l’intensité des raids de la Luftwaffe qui atteindront leur paroxysme le 27mai et écraseront la ville. En raison du chaos qui règne au port, la flotte d’évacuation est en partie détournée vers les plages. « Tout ce qui peut flotter » dans les ports de Grande-Bretagne est alors réquisitionné et une noria de bâtiments hétéroclites, à faible tirant d’eau, se dirige vers les côtes françaises. Ces Little Ships, devenus légendaires, commencent leurs navettes et contribuent largement, dans les pires conditions, au succès de l’opération.
Le 29 mai, les troupes françaises sont autorisées à rejoindre l’Angleterre mais des incidents entre militaires des deux nationalités créent un nouveau malaise entre les alliés. Churchill intervient alors afin que les embarquements se fassent « à égalité ». Le rapatriement du Corps expéditionnaire britannique est achevé le 2 juin mais l’opération Dynamo est prolongée afin d’assurer le sauvetage des troupes françaises qui se sont battues avec l’énergie du désespoir pour contenir l’ennemi.
Le 4 juin à 3 h 40, tout est terminé. Au total, 338 226 combattants ont été sauvés parmi lesquels 123 095 militaires français et 16 816 belges. C’est un incroyable succès. Mais 35 000 soldats français, pour la plupart défenseurs du dernier carré, se préparent à la dure condition de prisonnier. Dynamo reste la plus grande opération de rembarquement de toute l’histoire militaire. La Grande-Bretagne va puiser toute son énergie dans cet « Esprit de Dunkerque » pour s’ériger en porte-drapeau de toutes les résistances contre le nazisme. On connaît la suite …
Patrick Oddone
Le mémorial du Souvenir évoque la Bataille de Dunkerque et l'opération Dynamo en Mai-Juin 1940, vaste opération de rembarquement vers l'Angleterre (350 000 hommes). Une importante collection de photographies, de cartes, et du matériel militaire de l'époque permet aux visiteurs de comprendre cet épisode incontournable de la seconde guerre mondiale.
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