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Neptune

L'opération Neptune

Dunkerque est détruite à plus de 80% pendant la seconde guerre mondiale. Dans la décennie qui suit, le port est reconstruit essentiellement dans sa configuration d’avant-guerre, sans réelle anticipation des évolutions du trafic maritime, des technologies et des besoins futurs.

Les équipements du port historique deviennent rapidement obsolètes et le port va se déplacer vers les grands espaces disponibles à l’Ouest de la ville. En 1987, la crise des chantiers navals et la fermeture du site de la Normed (3 000 emplois) créent 180 ha de friches industrielles, dont environ 50 ha de bassins imbriqués dans la morphologie de la ville. Situées à proximité du centre-ville reconstruit, ces friches constituent une opportunité foncière pour un centre-ville jusqu’alors limité dans son extension, peu attractif et loin de répondre aux besoins d’une agglomération de plus de 200 000 habitants. 

Une nouvelle dynamique économique et urbaine devient alors possible : créer un marché privé et immobilier, développer des pôles de services au bénéfice de l’ensemble de l’agglomération, étendre le centre-ville existant en l’ouvrant sur les bassins et sur la mer et en faire un véritable centre d’agglomération.  

En 1988, est fondé le Syndicat mixte Dunkerque-Neptune regroupant la Ville, la Communauté urbaine et le Port autonome de Dunkerque. Des études de faisabilité menées conjointement entre un aménageur (Projenor) et l’Agence d’urbanisme (AGUR) conduiront en 1991 à la constitution d’une Société d’Économie Mixte, la S3D (Société de développement du Dunkerquois), et au lancement d’une consultation d’architectes-urbanistes. L’objectif fixé est de proposer non pas un projet formel, mais un guide, un cadre et des orientations d’ensemble pour une reconquête urbaine qui devra s’engager sur 20 à 30 ans. L’équipe de Richard Rogers qui est alors retenue commence l’élaboration d’un masterplan en concertation étroite avec tous les acteurs concernés, masterplan qui est approuvé à l’automne 1991.  

Les ouvrages d’art destinés à désenclaver le site marqueront dès le début des années 90 la volonté d’affirmer l’identité des lieux et sa liaison avec le centre-ville dont le site du Môle 1 est appelé à devenir le prolongement.  

L’opération Neptune propose aujourd’hui une mixité entre :

  • Du tertiaire (premier immeuble de bureaux livré en 1996)
  • De l’habitat (premiers logements privés livrés en 1997) 
  • Le commerce et les loisirs (le « Pôle marine » notamment)
  • L’enseignement supérieur et la recherche Université et restaurant universitaire ouvert dès 1992, et complété par la Maison de la Recherche sur l’environnement industriel du Dunkerquois, le Bâtiment des Sciences humaines, le Bâtiment des Sciences et techniques des activités physiques et sportives
  • Des services publics 
  • Les équipements culturels (le musée portuaire notamment). 

Mais c’est également un secteur où des activités portuaires sont préservées ou implantées : pêche, terminal croisière, plaisance. 

La méthode retenue dès le début avec le masterplan de Richard Rogers, cette volonté de ne pas figer le projet, d’en préserver et rendre toujours possible les évolutions, constitue l’une des caractéristiques majeures – et, à cette époque, innovante – de ce qui est désigné comme l’opération Neptune. 

Après l’achèvement en 2000 du « Pôle Marine » des architectes Reichen et Robert (salles de cinémas, commerces et restaurants, loisirs et culture), s’ouvre le temps du bilan et de la réflexion. 

Quinze ans après, le centre de Dunkerque a profondément changé, mais le contexte socio-économique a lui aussi évolué. Les nouvelles connexions qui ont été établies (notamment l’autoroute A16 reliant Paris à la Belgique) et la progression continue du Port autonome de Dunkerque (3ème port français, plus de 55 millions de tonnes en 2006) repositionnent Dunkerque sur le plan régional et international. L’offre immobilière et la progression constante des prix ces dernières années tendent par ailleurs à pousser une partie de la population vers les secteurs périphériques de la ville. 

L’ambition annoncée est de bâtir un « quartier 21 » répondant aux normes du développement durable. Le Grand Large est une occasion de mettre cette démarche en l’œuvre :

  • Sur le plan de la mixité urbaine et sociale : dans la première phase de 175 logements, 40% seront des logements sociaux et 10% destinés aux primo accédants. Du studio au T5, le secteur accueillera aussi bien du logement individuel que du collectif.
  • Sur le plan environnemental : mesures portant sur la gestion des eaux de pluie, bâtiments utilisant des techniques HQE (Haute Qualité Environnementale) et favorisant les économies d’énergie (ventilation naturelle, isolation renforcée, etc.), primauté accordée aux déplacements piétonniers sur la voiture. 

Sur cette première phase, c’est la proposition de plan directeur pour l’ensemble du Grand Large et l’esquisse de l’opération des 175 logements de l’architecte urbaniste Nicolas Michelin qui ont été retenues. 

Le môle 1 s’intègre dans le périmètre de l’opération Neptune depuis l’origine. Son positionnement géographique à l’articulation de la ville et du port et sa morphologie de presqu’île en font un lieu à l’identité extrêmement forte, stratégique pour le devenir du centre d’agglomération et au potentiel extrêmement important. Son devenir n’a pas à ce jour été exploré dans sa globalité. Seuls quelques éléments de programme dont la « Halle aux Sucres » sont aujourd’hui bien identifiés.

Neptune/Grand Large

En savoir + :

Neptune - Présentation

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De 1991 à 2004 - La ville s'embellit

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De 1991 à 2004 - La ville s'ouvre sur ses bassins

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Acquisations foncières et préparation des terrains

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2005... La ville et les bassins, un avenir partagé

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