

La stratégie de renforcement commercial et résidentiel du centre d’agglomération se dévoile de jour en jour. Un projet de grande ampleur - 9 hectares de foncier à réinventer - porté par l’architecte catalan Joan Busquets et qui s’achèvera à l’horizon 2020.
Imaginez un centre d’agglomération attractif où il fait bon faire son shopping et où les voitures se font plus discrètes. Imaginez un centre d’agglomération où la nature reprend ses droits. Un cœur d’agglomération agréable et où l’habitat est accessible. Un cœur d’agglo qui donne sa place à chacun et où chacun a sa place. D’ici quelques années, ce souhait formulé par Michel Delebarre et nombre de Dunkerquois sera bel et bien réalité. Depuis 2007, date à laquelle le dessein de Dunkerque a été confié à l’architecte catalan Joan Busquets, le centre-ville est mouvant, ses artères en mouvement. Les chantiers et les expérimentations démarrent et préfigurent le Dunkerque de demain.
Après la place Salengro, c’est le chantier Halle aux Sucres qui s’ouvre. Puis le quartier de la gare sera l’objet de toutes les attentions. Entre temps, les premiers coups de truelle auront résonné sur le site du théâtre, la prochaine grosse étape. Pour ici comme pour l’ensemble du projet dunkerquois, Joan Busquets est allé puiser son inspiration dans l’histoire de la ville : les vestiges d’avant-guerre, le masterplan de Rogers, les premières réalisations de Neptune (cf. encadré), les opérations plus récentes à l’instar comme celle du Grand Large. S’appuyant sur les points faibles du centre-ville : « un espace public très mal défini », « des voitures omniprésentes », et sur ses atouts, à l’instar « de l’espace » - 66% de surface non bâtie - et « du potentiel de développement » - le chiffre d’affaire du centre-ville atteint seulement les 16% de la chalandise totale - l’architecte catalan a imaginé une stratégie visant à « étendre le centre » pour en faire un « lieu symbolique de toute l’agglomération ». Une « question clé » dixit l’intéressé, dont la réponse se trouve dans le renforcement de la densité et de l’attractivité du centre. Ce qui se traduit dans les faits par un programme mixte reposant sur du commerce (12 000m² de surface dédiée), du logement (un millier de nouveaux habitants pourront bientôt y emménager) et un parking « à effet de porte » de 550 à 600 places.
Les premiers coups de pioche seront donnés courant 2013, le parking ouvrira l’année suivante, tandis que la livraison des logements et l’ouverture des premiers ensembles commerciaux sont envisagées pour 2015. L’année 2012 sera quant à elle consacrée à l'affinement du projet urbain, de la phase opérationnelle aux concours sur esquisse des futurs bâtiments. De nouvelles enseignes pour renforcer l’attractivité (l’objectif est d’augmenter le chiffre d’affaires de 16 à 20% de la chalandise totale) et limiter l’évasion commerciale (aujourd’hui elle est de 165M€/an), de nouveaux habitants pour consommer, le tout dans un espace revu et corrigé où le partage de la voirie sera une réalité, où les espaces de promenade et de cheminement sont appelés à se multiplier… L’image de Dunkerque se précise et s’annonce fort agréable à vivre.
Le Mag' 162 - décembre 2011